Films

Mother ! – La revue du Mercredi

28 septembre 2017

Hello ! Aujourd’hui, on va parler d’un film trop bizarre, Mother ! vous l’avez vu ? Ceux qui l’ont vu, vous comprenez à quel point c’est difficile de d’expliquer ce film.

Je voyais maintes fois la bande annonce, sans pour autant me dire « Aller j’y vais! ». Non, y’avait quelque chose d’inexplicable qui me bloquait. Mais un soir, nous y sommes allés parce qu’on voulait se faire une petite séance et on s’est retrouvé devant.

J’dois bien dire que dès le départ on la sent, la tension. C’est frustrant, malaisant et à la fois on se pose plein de questions. Au final, rien de plus simple, on peut y voir deux axes totalement différents d’interprétation pour le film.

Mother ! mentalement instable ?

On comprendra que Mother est jouée par Jennifer Lawrence. Elle joue vraiment très bien mais on se demande si elle a pas un problème. Faut bien avouer qu’elle parait un brin paranoïaque.

On la voit dès le début se lever et chercher son mari dans un univers déjà sous tension. Le couple apparaît à la fois bien ensemble et à la fois, il y a un léger malaise dès le départ. Le mari est un écrivain qui a le syndrome de la page blanche, il n’arrive plus à écrire et la femme fait tout pour le satisfaire et l’aider dans ce sens.

Rapidement, Mother a des sortes d’hallucinations, on voit un coeur battre dans les murs, se flétrir au fur et à mesure du film. Comme on voit qu’elle se sent de moins en moins à son aise. La maison est en rénovation et elle y met tout son temps pour essayer de redonner vie à son environnement.

D’un jour à l’autre, un étranger débarque de nul part, rejoint quelques jours plus tard par sa femme qui est tout de même très spéciale. Et c’est remarquable la manière dont est transmise la mise sous tension dans ce film. Mother est mal, on sent qu’elle appréhende beaucoup le fait d’héberger des étrangers, qu’elle a peur et qu’elle voit ça d’un très mauvais oeil. Alors qu’au fond, ça pourrait très bien n’être qu’un délire paranoïaque et l’envie qu’elle a de rester uniquement avec son mari, rien que pour elle.

De plus en plus souvent au long du film, on la voit boire un espèce de médicament. On sait pas bien ce que c’est mais ça calme ses troubles. Elle entend tout très fort, ressent des choses étranges, stridentes.

Ensuite le mari, un vrai pervers narcissique, il demande aux gens de s’installer chez eux sans prêter attention à sa femme, il lui parle tout de même méchamment et la fait sentir mal face à certains propos. On sent que l’homme est mal, pas heureux, qui lui manque une chose et quand ces gens débarquent, il paraît soulagé. Plus tard, les deux fils des étrangers arrivent eux aussi, l’un va tuer l’autre sans pression aucune et le mari restera à supporter et plaider la cause de la famille, invitant toute leur famille pour les funérailles. Toujours sans une pensée pour sa femme qui est visiblement de plus en plus mal.

On voit qu’il a le dessus sur elle dans sa manière de parler et elle d’exécuter et d’accepter tout ce que son mari impose. Sa grossesse arrive finalement comme une délivrance, elle redevient souriante et lui a retrouvé l’inspiration grâce à l’enfant. Mais cela ne durera qu’un temps puisque sa soif de gloire fit telle qu’il invita tout ses ‘disciples’ à venir lui témoigner de l’admiration. La spirale infernale recommença alors pour Mother qui vit le coeur se flétrir et noircir de plus en plus. Sans pour autant que nous en temps que spectateur, on sache à quoi ça correspond.

Par la suite, les évènements s’accentuent et en deviennent incontrôlables, saccadés, étouffants. L’ambiance est pesante, la caméra bouge de manière à intensifier encore plus le mal être et nous plonge dans un tourbillon horrible et intense à la fois. Jusqu’à la fin.

Mother ! Une allégorie religieuse, tout simplement ?

Eh oui, si on récapitule : Le Poète, le mari donc, est Dieu. Le Créateur.

La femme est Marie, ou la Terre, plus jeune et fertile, qui a besoin de mûrir.

Les deux étrangers qui rentreront dans leur demeure fraichement rénovée ne seront autre qu’Adam et Ève. Ils sont ici pour s’installer cordialement dans la maison. On voit même que l’homme a une cicatrice sur le corps qui laisse penser au passage de la Bible où la femme est créée à partir de l’homme.

On voit que ces deux personnages ne sont finalement pas respectueux de leur hôte ‘la Terre’. La femme, donc Ève, parle à Mother de sexualité, de sa jeunesse, de sa manière de faire avec son mari, d’alcool etc, que des choses qui mettent mal à l’aise la jeune femme. Tandis que le couple d’intrus continuent de parcourir la maison, ils cassent la Pierre, si précieuse au Poète. Cette dernière représente donc le fruit défendu du jardin d’Eden. À partir de ce moment, le chaos peut s’installer.

Les deux enfants de ces étrangers arrivent et on voit que le plus vieux des fils ‘Caïn’ tue l’autre ‘Abel’ par jalousie et disparaît ainsi du film. À partir de cet acte de cruauté, les disciples, adorateurs, fanatiques, ou donc les croyants viennent tout détruire. À la veillée funèbre du fils, on voit déjà qu’ils sont mal élevés. Ils détruisent la belle maison fièrement reconstruite. Mais là, une canalisation va éclatée, qui peut être assimilée au Deluge, et ramener la paix au foyer.

C’est là que Marie ou la Terre, sera enceinte. La paix règnera jusqu’à ce que le Poète rédige son nouvel ouvrage ‘Commandement’ et que tout les fidèles accourent à sa demeure pour le voir et voir également l’enfant à naître. Ici commence la fin, la destruction, les péchés capitaux seront également représentés dans le film comme l’Envie (les vols qui sont commis), la colère (la violence, les meurtres) etc.

Lorsque l’enfant né, Jesus donc, le Poète le donne à ses croyants et les autres le tue ‘crucifixion’ et mange son corps ‘le corps du Christ’. L’apocalypse est donc bien présente, Mother n’en peut plus. Le Poète ne prête toujours aucune attention à la Terre et préfère chercher des excuses aux fidèles. La libération se fait alors par le feu et c’est un immense soulagement. Puis, recommencera une nouvelle Terre.

 

En conclusion ?

Un gros morceau pour ce film, à la fois intéressant et stressant, oppressant. On a envie d’en savoir plus, de connaître l’histoire et d’aider Mother qui est si mal. On a une telle délivrance une fois que tout est fini. Nous même en temps que spectateur, on ressent un tel sentiment d’oppression, qu’on a envie que ça se finisse.

Je vous conseille de voir ce film, parce que vraiment l’ambiance y est. On ressent tellement de choses différentes et l’interprétation des personnages est vraiment bien. La manière de tourner, les images, les couleurs, les bruits nous embarquent dans l’univers si spécial du réalisateur.

Dommage sur un point, si on voit directement le rapport Biblique, on a un film tout de même prévisible, sinon on est juste totalement perdu dans un délire.

Morale : Savoir se contenter de ce qu’on a, sans en vouloir toujours plus.

 

Et pour lire d’autres revues, c’est ici.

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1 Comment

  • Reply Ça - La revue du Mercredi - Sianaetmoi 5 octobre 2017 at 1 h 30 min

    […] Après vous en avez pensé quoi vous ? J’espère que le prochain apportera des réponses à mes questions et en attendant, je vous laisse avec une autre revue. […]

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